Quelques minutes pour changer d’avis : le cafard

QMCA - logo

Bonjour et bienvenue à tous pour ce nouvel épisode de « Quelques minutes pour changer d’avis » !

Nos trois participants sont prêts et ont les mains sur le buzzer… 3…2….1….

C’EST PARTI !!!

Je mesure de quelques millimètres à 10 cm, j’ai 6 pattes et de grandes antennes. Je cours très vite et je suis très gourmand. On peut me trouver dans les forêts mais aussi dans les maisons et je suis le cauchemar des restaurateurs. Bien que je sois plutôt facile à vivre, on utilise mon nom dans une expression qui signifie que l’on est triste… JE SUIS JE SUIS…. Le cafard !

QMCA-plateau

Des cafards et des hommes

Le cafard est aussi appelé « blatte » ou « cancrelat » en Europe; les Québécois le nomment « coquerelle » et les Antillais « ravet ». Contrairement à ce que l’on pourrait penser, blatte n’est pas le féminin de cafard : c’est exactement le même insecte.

Ces insectes pénètrent dans nos habitations, mais ce sont de grands timides : ils n’aiment pas la lumière et sortent principalement la nuit à la recherche de miettes de tous genres. Ils raffolent des lieux humides et ont besoin de chaleur, c’est pourquoi ils adorent nos cuisines, en particulier près des moteurs des réfrigérateurs qui leur conviennent parfaitement pour y installer leurs nids. Ils se reproduisent très vite : un cafard peut pondre jusqu’à plusieurs milliers d’œufs par an.

Mais les cafards sont considérés comme nuisibles car ils peuvent être porteurs de virus et de bactéries pouvant causer des maladies graves chez l’homme (la poliomyélite par exemple) et provoquer des allergies, c’est pourquoi nous les évitons autant que possible.

Même si nous ne les considérons pas forcément comme des amis vu leur propension à envahir nos maisons et les risques de maladies qu’ils représentent,  ils nous inspirent pourtant depuis des décennies.

Ainsi ils sont les héros du dessin animé « Oggy et les cafards » où leur intelligence leur permet d’échapper sans cesse à un chat qui veut les attraper. Ils aident le héros de « Joe’s apartment » pour que l’immeuble dans lequel ils vivent tous ne soit pas détruit. Ils sont aussi les protagonistes d’une chanson espagnole très entêtante que vous connaissez sûrement… « La cucaracha » ! Eh oui, « cucaracha » en espagnol signifie « cafard » !

On utilise même son nom dans différentes expressions : « avoir le cafard » qui signifie que l’on est triste, que l’on déprime, et « cafarder » qui signifie dénoncer, rapporter des secrets.

visuel-1

Cafardons sur les cafards

Mis à part les espèces que l’on peut trouver dans les maisons (seulement 4 en France sur environ 4 600), les cafards jouent un rôle essentiel dans la nature. On en trouve beaucoup dans les forêts où ils grignotent des végétaux morts : ce sont les nettoyeurs de la nature.

Ces insectes possèdent une carapace très dure et hermétique appelée cuticule. Cette carapace est un bouclier très efficace contre le froid : bien qu’ils préfèrent une température ambiante autour de 20°, une expérience a montré qu’un cafard enfermé dans un congélateur à -15° pendant 20 minutes ressortait en pleine forme !
À l’inverse, ils ne supportent pas les trop grosses chaleurs. Contrairement à l’homme, les cafards ne transpirent pas et ne peuvent donc pas réguler leur chaleur corporelle. Ils cuisent littéralement à l’intérieur de leur carapace !

Si ces informations sont déjà étonnantes, celles qui suivent risquent de vous épater !

Les cafards peuvent survivre sans nourriture pendant un mois, par exemple un peu de colle au dos d’un timbre peut leur suffire.
Plus surprenant : décapités, ils sont encore capables de réaliser une variété de comportements comme se tenir sur leurs pattes, fuir en cas de danger, éviter les chocs, …,  et ceci pendant plusieurs semaines ! Cela leur est possible grâce à des ganglions, des cellules nerveuses tout au long du corps, qui leur servent de petits cerveaux individuels. Par ailleurs la tête seule peut également survivre plusieurs jours.

Les cafards sont aussi très forts en apnée : ils peuvent rester jusqu’à 40 minutes sous l’eau et rester en vie !

S’ajoute à cela le fait qu’ils sont très rapides : ils courent à environ 2 mètres par seconde. S’ils étaient aussi grands que nous, ils courraient à 87 km/h, soit deux fois plus vite que Ussein Bolt, l’homme le plus rapide du monde !

Cafard sous l'eau

Un insecte qui n’a pas le cafard

Le cafard est l’insecte ailé le plus résistant au monde et probablement le plus vieux : il vivait sur Terre 50 millions d’années avant les dinosaures et il leur a survécu. Des archéologues ont même retrouvé des ailes de fossiles de cafard datant de plus de 300 millions d’années ! Ils nous ont donc précédés de plusieurs centaines de millions d’années et il y a de fortes chances qu’ils soient encore là une fois que nous aurons disparu. Par exemple, un cafard peut survivre à une dose de radiation nucléaire au moins 15 fois supérieure à ce qu’un homme peut endurer !

Depuis toutes ces années, les cafards n’ont pas beaucoup évolué. Pourtant ces dernières années on a noté une mutation des plus étonnantes. Alors que les cafards étaient toujours très attirés par le sucre, une expérience a montré que leur perception du goût avait changé : ils ont évolué. En 1980, on s’est mis à utiliser des sucreries pour piéger et empoisonner des cafards. C’était la solution la plus efficace pour s’en débarrasser. Seulement, quelques années plus tard, les scientifiques ont noté un changement dans leur comportement : les cafards n’étaient plus attirés par les sucreries ! Ils sont tellement intelligents qu’ils ont compris que les humains utilisaient leur péché mignon pour parfumer les insecticides. En modifiant leur perception du sucre, ils ont développé avec les années une aversion génétique pour le sucre afin de rester en vie !

Dans la Grèce antique ainsi qu’en Chine, les cafards étaient utilisés comme médicaments. Si cela peut nous paraître bizarre, des scientifiques ont pourtant démontré que ce n’était pas infondé !  Ainsi, une équipe de biologistes britanniques a découvert que le cerveau des cafards contenait 9 molécules capables de détruire des bactéries, même des bactéries résistantes à d’autres antibiotiques. Cette découverte pourrait déboucher sur des traitements contre des maladies très graves et résistantes à la plupart des antibiotiques actuels (comme le staphylocoque doré par exemple) !  La résistance des cafards aux bactéries n’est pas surprenante; vu les conditions de saleté dans lesquelles ils vivent, ils ont développé des mécanismes pour se protéger.

C’est une avancée scientifique majeure en cette époque où les bactéries sont de plus en plus résistantes aux médicaments.

Maintenant que vous savez que les cafards sont des insectes fascinants et qu’ils vont aider l’homme à créer de nouveaux médicaments, avez-vous changé d’avis à leur sujet ?

.

Télécharger le quizz de l’émission et imprimez-le pour interroger vos proches !

Cliquez ici !

.

Si les personnages de Wooly, Eddy et Violetta vous ont plu, vous pouvez les retrouver sur des toiles ou encore sur des petits sacs à dos 100% bio ! Et pour changer d’avis sur les rats, je vous invite à découvrir le livre de Smarty le rat ainsi que sa peluche !

Aucun commentaire

Les commentaires sont désactivés